La Dacia Sandero a longtemps cultivé une image très simple : proposer une voiture neuve accessible, sans forcément chercher à multiplier les équipements ou les motorisations. Mais la gamme évolue, et ce changement n’est pas anodin.
Dacia retire progressivement de son catalogue le petit moteur essence qui constituait jusqu’ici la véritable porte d’entrée de la Sandero. Dans le même temps, la marque enrichit sa citadine polyvalente avec une motorisation hybride de 155 ch.
Un drôle de paradoxe : la Sandero devient plus chère pour celui qui cherche simplement une voiture neuve bon marché, mais elle devient aussi beaucoup plus moderne pour celui qui veut passer à l’hybride.
La Sandero la moins chère disparaît
C’était presque devenu une habitude chez Dacia. Pour afficher un tarif d’appel particulièrement bas, la Sandero pouvait compter sur un petit moteur essence de 65 ch.
Cette version représentait vraiment l’esprit de l’entrée de gamme Dacia : une voiture relativement simple, avec l’essentiel, et surtout un prix contenu.
Mais cette configuration disparaît de la gamme. Les exemplaires encore disponibles peuvent évidemment continuer à exister chez les concessionnaires, mais elle n’est plus appelée à rester la proposition normale du catalogue.
Le changement a une conséquence immédiate : le prix d’accès à la Sandero augmente.
La gamme débute désormais avec le moteur essence TCe 100 de 100 ch, avec un tarif annoncé à partir de 13 990 euros.
C’est seulement quelques centaines d’euros de plus que l’ancienne version, mais symboliquement, le changement est important.
Dacia abandonne ainsi une partie de ce qui faisait sa réputation : proposer une voiture neuve avec une mécanique volontairement basique pour tirer le prix le plus bas possible.
Une hausse qui peut pourtant se comprendre
Je trouve cette évolution assez intéressante, parce qu’elle montre aussi la difficulté pour Dacia de rester fidèle à son positionnement historique.
Le marché automobile a énormément changé. Les normes, les attentes des clients et les technologies embarquées rendent de plus en plus difficile la commercialisation d’une voiture neuve extrêmement dépouillée.
Et entre une Sandero de 65 ch et une version de 100 ch, le choix du moteur plus puissant peut aussi avoir du sens dans la vie quotidienne.
Pour circuler en ville, la petite motorisation pouvait suffire. Mais dès qu’on sort de l’environnement urbain, que la voiture est chargée pour les vacances ou que les trajets comportent des routes départementales et de l’autoroute, les 100 ch apportent évidemment davantage de polyvalence.
Le problème est surtout ailleurs : les acheteurs qui recherchent avant tout le prix le plus bas n’ont plus cette possibilité dans la gamme neuve.
C’est une nuance importante.
Et pendant ce temps, la Sandero accueille l’hybride de 155 ch
C’est probablement l’évolution la plus intéressante de cette nouvelle gamme.
Dacia propose désormais une Sandero Hybrid 155, équipée d’une motorisation hybride développant 155 ch.
On est donc très loin de la philosophie du petit moteur essence de 65 ch.
Et c’est justement ce contraste qui m’amuse un peu.
D’un côté, Dacia retire la version la plus simple et la moins puissante. De l’autre, la marque installe sous le capot de sa Sandero une mécanique hybride de 155 ch.
La Sandero change clairement de dimension.
Cette motorisation devrait notamment intéresser les automobilistes qui veulent conserver une voiture relativement compacte tout en profitant des avantages d’une motorisation hybride au quotidien.
En ville et dans les déplacements quotidiens, l’intérêt est assez évident : l’hybride permet de réduire la consommation dans certaines situations et apporte également une conduite plus douce grâce à la transmission automatique.
Pour quelqu’un qui fait beaucoup de petits trajets, c’est une proposition qui peut avoir davantage de sens qu’un moteur essence classique.
Une Sandero hybride qui n’a plus grand-chose à voir avec l’ancienne entrée de gamme
C’est probablement le point qui mérite le plus d’être souligné.
La Sandero n’est plus seulement cette petite Dacia que l’on choisit parce qu’elle coûte moins cher que les autres.
Avec cette version hybride, elle cherche aussi à répondre à des automobilistes qui regardent davantage la consommation, le confort de conduite et la technologie.
Et cela change forcément la perception du modèle.
Une Sandero Hybrid 155 n’est évidemment pas destinée au même acheteur qu’une ancienne Sandero équipée du petit moteur essence.
Le premier cherchera davantage de polyvalence et de confort au quotidien. Le second cherchait surtout une voiture neuve simple et abordable.
Dacia élargit donc son offre vers le haut, tout en réduisant son offre vers le bas.
C’est assez révélateur de l’évolution de la marque.
Mais attention au prix : l’hybride n’est pas une Sandero « low cost »
L’arrivée de l’hybride est intéressante, mais il ne faut pas non plus imaginer que Dacia propose une Sandero hybride au prix de l’ancienne entrée de gamme.
La Sandero Hybrid 155 débute à 19 900 euros en finition Expression selon les tarifs annoncés.
On change donc complètement de budget.
Entre une Sandero essence à 13 990 euros et une Hybrid 155 à 19 900 euros, l’écart est conséquent.
Et c’est là que l’acheteur doit vraiment réfléchir à son utilisation.
Pour quelqu’un qui roule relativement peu, principalement sur des trajets courts, l’achat de l’hybride ne sera pas forcément évident financièrement.
À l’inverse, pour un conducteur qui utilise sa Sandero tous les jours, notamment en ville et sur des trajets périurbains, la motorisation hybride peut devenir beaucoup plus intéressante.
Ce n’est donc pas simplement une question de « meilleure » ou de « moins bonne » motorisation. Ce sont deux usages différents.
La Sandero se rapproche aussi de la Clio sur le plan mécanique
Il y a un autre élément intéressant derrière cette évolution.
Cette motorisation hybride provient de la technologie utilisée au sein du groupe Renault, avec notamment la Clio.
Cela montre bien comment Dacia profite aujourd’hui des technologies développées au sein du groupe tout en les intégrant à ses propres modèles.
Et quelque part, c’est peut-être l’une des grandes évolutions de Dacia ces dernières années.
La marque ne cherche plus uniquement à fabriquer des voitures aussi simples et peu coûteuses que possible. Elle récupère aussi des technologies plus modernes du groupe pour les proposer à ses clients, tout en conservant un positionnement différent de Renault.
La question sera évidemment de savoir jusqu’où Dacia peut aller sans perdre ce qui faisait justement son identité.
Une évolution qui me laisse partagé
Personnellement, je trouve l’arrivée de cette Sandero Hybrid 155 plutôt logique.
La possibilité d’avoir une Sandero hybride de 155 ch est intéressante et permet à Dacia de répondre à une clientèle qui n’aurait peut-être pas forcément regardé la marque auparavant.
Mais j’ai aussi un petit regret concernant la disparition de la version 65 ch.
Parce que la philosophie Dacia, c’était aussi ça : accepter de faire quelques concessions pour obtenir une voiture neuve à un prix particulièrement contenu.
Avec la disparition de cette motorisation, la marque abandonne une partie de cette approche.
Dacia reste parmi les constructeurs qui cherchent à maintenir des tarifs compétitifs, mais la Sandero la moins chère n’est plus aussi dépouillée qu’avant.
Et finalement, c’est peut-être le meilleur résumé de l’évolution de Dacia : la marque monte progressivement en gamme, tout en essayant de ne pas devenir une Renault bis.
Une Sandero désormais beaucoup plus polyvalente
Cette nouvelle gamme me semble donc assez révélatrice de la direction prise par Dacia.
La Sandero essence reste la solution destinée à ceux qui veulent une voiture relativement simple et accessible. Mais elle commence avec un moteur de 100 ch, tandis que la version hybride permet désormais d’aller beaucoup plus loin en matière de puissance et de technologie.
Entre les deux, le choix dépendra surtout du profil de l’acheteur.
Celui qui cherche avant tout le prix d’achat le plus bas regrettera probablement la disparition du petit 65 ch.
Celui qui roule régulièrement et souhaite une voiture automatique et hybride pourra au contraire voir l’arrivée de la Hybrid 155 comme une excellente nouvelle.
C’est finalement toute l’ambiguïté de la Sandero actuelle : elle reste une Dacia pensée pour maîtriser son budget, mais elle devient progressivement une voiture beaucoup plus complète qu’à ses débuts.
Et personnellement, c’est cette évolution que je trouve la plus intéressante à suivre. La vraie question n’est plus seulement de savoir jusqu’où Dacia peut faire baisser le prix d’une voiture neuve, mais aussi jusqu’où la marque peut monter en gamme sans perdre son ADN.


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